Dans mon cabinet de psychopraticienne et hypnothérapeute à la Roche-sur-Yon (et également en visio), j’accompagne régulièrement des personnes épuisées, au bord du burn-out. Qu’elles soient salariées, indépendantes ou entrepreneures, beaucoup me confient qu’elles n’arrivent pas à poser leurs limites.
Savoir dire non, se respecter, protéger son temps et son énergie : ce n’est pas qu’une question de développement personnel. C’est un véritable enjeu de société, car nos difficultés à poser des limites impactent aussi nos proches et notre entourage. Comme toute compétence, cela s’apprend.
Dans cet article, je vous partage quelques clés pour mieux comprendre pourquoi il est si difficile de poser des limites… et comment y parvenir pour prévenir l’épuisement et le burn-out.
En consultation, j’observe deux grandes raisons principales :
Comment les autres pourraient-ils les respecter si nous ne les connaissons pas nous-mêmes ?
Nos valeurs personnelles jouent ici un rôle central. Elles sont comme une boussole intérieure : elles nous aident à choisir ce qui est juste pour nous et à dire oui ou non en conscience.
👉 Exemple personnel : la famille est une de mes valeurs essentielles. Lorsque dans un ancien emploi on m’a proposé un poste avec de nombreux déplacements, cela signifiait dormir régulièrement à l’hôtel et passer plusieurs soirées loin de chez moi. J’ai su dire non, car cela m’aurait empêchée d’accompagner mon fils à la crèche, de partager le repas du soir avec lui et de profiter de ces moments de qualité qui, pour moi, n’ont pas de prix. En sachant dire non, j’ai protégé un équilibre de vie qui m’est cher.
👉 Exemple d’un patient : pour lui, la santé était une valeur clé. Ses collègues l’invitaient régulièrement à boire une bière le midi ou en soirée. En France, on sait que refuser un verre peut parfois susciter quelques remarques taquines. Pourtant, après quelques séances, il savait dire non, non pas contre ses collègues, mais en faveur de lui-même. À chaque fois qu’il refusait de prendre un verre d’alcool, c’était en réalité un « oui » à sa santé et à son bien-être,.
👉 Autre exemple : une patiente pour qui la liberté était une valeur fondamentale avait du mal à poser ses limites au travail. Son manager la sollicitait fréquemment pour rester tard le soir et « donner un coup de main ». À force, elle se sentait envahie et épuisée. Le jour où elle a pris conscience que sa valeur de liberté impliquait aussi de garder du temps pour ses projets personnels et pour souffler après sa journée, elle a réussi à mettre une limite. Elle n’a pas perdu la confiance de son manager : au contraire, celui-ci a fini par mieux respecter son organisation.
Connaître ses valeurs, c’est comprendre ce à quoi on dit vraiment oui lorsque l’on pose un non. Et cela rend ce non beaucoup plus simple, plus serein et plus aligné.
Beaucoup de personnes n’osent pas poser leurs limites par peur de décevoir, de déplaire ou d’être jugées. Cette peur est profondément humaine. Depuis toujours, nous sommes des êtres sociaux : autrefois, être exclu du groupe pouvait signifier la mort. Aujourd’hui encore, il nous reste cette peur viscérale de ne pas être aimés ou de ne pas être intégrés.
Résultat : nous disons oui alors que nous pensons non, uniquement pour éviter un potentiel rejet. Nous portons un masque, celui de la gentillesse à tout prix, du « béni-oui-oui » qui accepte tout pour ne heurter personne.
Mais ce mécanisme, qui nous semblait protecteur au départ, finit par nous coûter très cher :
il vide notre énergie, car nous passons notre temps à répondre aux besoins des autres avant les nôtres,
il abîme notre estime de nous-mêmes, car à force de ne pas oser exprimer qui nous sommes vraiment, nous avons le sentiment de ne pas compter,
et paradoxalement, il peut réduire le respect que les autres nous portent. En effet, quand quelqu’un dit toujours oui, sans jamais poser de limite, les autres sentent qu’il y a un manque d’authenticité.
Ce masque de gentillesse permanente entraîne souvent un double effet négatif :
D’un côté, la personne qui dit oui à tout s’épuise et s’éloigne de ses propres valeurs.
De l’autre, son entourage perçoit une forme de malaise, d’incohérence, ce qui peut mener à une baisse de considération ou de respect.
Prenons un exemple concret issu de mon expérience en consultation :
Une patiente acceptait systématiquement d’aider ses collègues, même lorsqu’elle était déjà débordée. Elle avait peur qu’on la trouve égoïste ou qu’on ne l’apprécie plus si elle disait non. À force, elle se retrouvait chaque soir vidée d’énergie et envahie d’amertume, car personne ne voyait tous les efforts qu’elle fournissait. Le jour où elle a commencé à exprimer calmement ses limites (« aujourd’hui je ne peux pas t’aider, j’ai déjà beaucoup de travail »), elle a non seulement retrouvé de l’énergie, mais elle a aussi remarqué que ses collègues respectaient davantage son temps et sa charge de travail.
Apprendre à dépasser cette peur de déplaire est donc un enjeu essentiel pour préserver notre équilibre intérieur. Poser ses limites ne signifie pas rejeter l’autre : c’est simplement se respecter soi-même, et paradoxalement, c’est aussi ce qui permet d’avoir des relations plus vraies et plus équilibrées.
⇒ En hypnose, il est possible de travailler sur cette notion de « masque social » pour être plus authentique et oser déplaire.
Pour apprendre à poser vos limites et éviter l’épuisement, je vous propose de vous appuyer sur trois piliers essentiels. Ensemble, ils constituent ce que j’appelle votre capital personnel : le temps, l’énergie et l’espace. Plus vous en prendrez soin, plus il vous sera facile de dire non.
Votre temps est sans doute votre ressource la plus précieuse. Il est limité, et une fois perdu, il ne revient jamais. Pourtant, beaucoup de personnes laissent les autres disposer librement de leur temps sans même s’en rendre compte.
Très souvent, lorsque quelqu’un dépasse nos limites, ce qu’il prend en réalité, c’est du temps :
cet ami qui arrive toujours en retard à vos rendez-vous,
ce collègue qui vous demande un service régulier alors que cela vous oblige à vous lever plus tôt,
ou encore ces réunions interminables qui empiètent sur vos soirées.
Alors, comment redonner de la valeur à votre temps ?
Commencez par le remplir d’activités qui vous nourrissent vraiment. Plus votre temps sera consacré à ce qui compte pour vous (yoga, lecture, sport, moments en famille…), plus il deviendra précieux à vos yeux. Et plus il sera facile de dire non à ce qui n’est pas essentiel.
👉 Exemple : au lieu de subir l’attente d’un ami toujours en retard, vous pourriez lui dire : « Préviens-moi la prochaine fois, comme ça je pourrai utiliser ce temps pour une séance de yoga ou pour avancer dans un projet qui me tient à cœur. »
Tout comme le temps, votre énergie est une ressource limitée. Chaque jour, vous disposez d’un certain capital énergétique. Certaines activités vous ressourcent, d’autres vous vident.
Identifier ce qui vous épuise inutilement est une étape clé. Cela peut concerner :
des situations (comme rester trop longtemps dans une soirée alors que vous êtes fatigué),
mais aussi des relations (cet ami qui ne parle que de ses problèmes et repart sans jamais vous demander comment vous allez).
Protéger votre énergie n’est pas de l’égoïsme : c’est une forme d’hygiène de vie. Car sans énergie, vous ne pouvez ni avancer dans vos projets, ni être présent pour vos proches, ni profiter de vos passions.
👉 Exemple tiré d’une patiente : introvertie, elle se forçait à rester tard lors des soirées avec les amis de son conjoint. Elle rentrait chaque fois épuisée. Sa solution ? Venir avec sa propre voiture, pour pouvoir partir quand elle le souhaitait. Résultat : elle a retrouvé de la liberté, préservé son énergie, et son conjoint a pu continuer à profiter de ses soirées (résultat = 0 culpabilité).
On se sent souvent envahi ou dépassé parce que notre espace physique l’est aussi. L’espace est une extension de nous-mêmes. Quand il est respecté, nous nous sentons plus solides, plus ancrés.
Exemples fréquents :
ce collègue qui pose ses affaires sur votre bureau sans vous demander,
cette personne qui entre dans votre bureau ou votre chambre sans frapper,
ou encore quelqu’un d’un peu trop tactile qui ne respecte pas votre espace vital.
Aménager un coin rien qu’à vous, même petit, peut changer beaucoup de choses. Cela peut être un bureau, un coin lecture, un fauteuil où vous aimez vous poser. Cet espace doit être identifié comme « votre territoire », un endroit où vous vous rechargez et où personne n’entre sans votre accord.
👉 Exemple personnel : lorsque j’ai allaité mon fils, il dormait souvent avec nous. Au bout de quelques mois, je me suis rendu compte que je n’avais littéralement plus de place dans mon propre lit : je dormais sur un minuscule bout de matelas. Le jour où j’ai pris conscience de ce besoin vital de retrouver mon espace, nous avons changé les habitudes de sommeil, et – presque comme par magie – mon fils a commencé à dormir dans son lit.
Créer un espace à soi, c’est aussi y intégrer des rituels qui vous ressourcent : fermer la porte, mettre de la musique, allumer une bougie… tout ce qui vous aide à vous sentir recentré et à dire : « ici, c’est mon espace ».
En conclusion : poser ses limites, une étape essentielle pour prévenir le burn-out.
Prévenir le burn-out passe par un meilleur respect de soi. Cela demande d’apprendre à :
Poser ses limites n’est pas un acte égoïste : c’est un acte de respect envers soi-même et aussi envers les autres. C’est ce qui permet de mieux vivre ensemble, sans s’épuiser.
Je suis Marion Girard, psychopraticienne et hypnothérapeute à la Roche-sur-Yon et en visio (à distance). J’accompagne les salariés, entrepreneurs et indépendants en situation d’épuisement, pour les aider à se reconnecter à eux-mêmes et à poser leurs limites.
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